En attendant le retour des plumes de l'été

Publié le par Nunzi

En attendant le retour des plumes de l’été, je vous propose ce petit intermède écrit, avec une interview de Juliette Berthier, petite sœur du commandant Berthier.

-          Bonjour Juliette, merci d’avoir accepté de parler de votre grand-frère.

-          C’est normal : je l’adore.

-          Comment était Guillaume, enfant ?

-          Très différent de maintenant : il était très joueur, presque bavard, très expressif. Il a voulu devenir policier très jeune. Il a passé son bac, a entrepris des études de droit, obtenu ses diplômes, passé le concours, puis il est rentré à la BRB.

-          Il devait être bien classé, alors ?

-          Oui, très bien.

-          Comment s’est-il retrouvé au SRPJ de Dijon ?

-          C’est une longue histoire.

-          Tant mieux : j’adore les longues histoires.

-          Oui, mais Guillaume serait furieux si je racontais tout. Après une affaire difficile qui l’a amené une nouvelle fois à l’hôpital, après une blessure stupide… Elles le sont rarement, mais là, être blessé au pied à cause d’un co-équipier sur lequel on ne peut pas compter, c’est stupide. Guillaume a demandé sa mutation à Dijon pour deux raisons, la première est personnelle, la deuxième est qu’il cherchait une ville calme – pour se remettre en plus de sa rupture avec sa compagne. Maman a bien essayé de les rabibocher, les arguments de Guillaume étaient bien plus valables. Se remettre en couple avec une fille qui vous reproche de l’avoir trompé trois mois avant leur rencontre, et qui justifie ainsi de s’être fait culbuter par son co-équipier, le même à cause de qui il a failli se faire buter, cela fait trop. Zas ! A peine mon frère était-il arrivé qu’un tueur en série s’est mis à sévir. Et quand je dis « à peine », c’est à peine : il se présentait au SRPJ que le corps, ou plutôt  ce qu’il en restait, était découvert. Je ne peux pas en dire plus car le procès n’a pas encore eu lieu – enfin, s’il a lieu, car le « tueur » va peut-être être déclaré irresponsable, les experts sont en pleine discussion. Grâce à cette affaire, mon frère a été nommé commandant. Maintenant, il dirige Pierre et Nicolas, et « diriger » n’est pas un faible mot. Nicolas n’est pas une flèche, Pierre non plus. Les enquêtes pénibles se suivent et ne se ressemblent pas – mon frère ne rêve rien tant qu’un bon cambriolage.

-          Et toi Juliette, parle-nous un peu de toi.

-          Et bien, j’ai 35 ans, je suis célibataire. Après mon CAP d’esthéticienne, j’ai exercé dans un institut parisien pendant huit ans, puis j’en ai eu assez, je suis devenue vendeuse dans un magasin bio. Le magasin a compressé son personnel, et j’ai été comprimée. Je suis actuellement serveuse dans un salon de thé à Dijon, grâce à Guillaume.

-          Ah, bon ? (J’imagine mal Guillaume dans un salon de thé).

-     Hache de Magny est arrivée un matin de fort mauvaise humeur. Sa cousine Alicia tient un salon de thé et sa serveuse lui a rendu son tablier, son plateau,  ses théières et ses tasses de thé. Elle était débordée ! Guillaume lui a dit que je cherchais du travail. Un seul entretient et hop ! Ce n’est peut-être ni bio, ni  bon pour la ligne, mais c’est plus drôle de servir des fraisiers et des scones que des galettes d’épeautre. Je suis la marraine de Victoria, ma nièce, la fille de Guillaume. Il essaie d’en obtenir la garde, ce n’est pas facile avec son métier. Je suis sûre qu’elle s’entendrait bien avec les nièces d’Imogène. Ah, zut ! J’ai dévoilé une partie de ta future intrigue. Je serai donc brève : Guillaume et Imogène vont devenir très amis.

-      Je te remercie Juliette pour cet interview. As-tu quelque chose à ajouter ?

-     J’aime beaucoup mon frère, même s’il a toujours dit que pour Noël, avoir un chien lui avait fait plus plaisir qu’avoir une petite sœur. Je suis une psychanalyse depuis cinq ans. J’ai toujours dit à Guillaume qu’entreprendre une thérapie lui ferait le plus grand bien. Il m’a dit qu’entre les psys de la police, la criminologue et les psychopathes qu’il arrête, il est servi.

-     Et bien, encore merci Juliette. Sinon, rassure-moi : le chien, ce n’était pas un bouledogue au moins ?

-     (Rires) Non, tu peux dormir sur tes deux oreilles.

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valentyne 14/08/2012 12:52

bonjour Nunzi
j'adore ton humour , en particulier ces phrases "unee fille qui vous reproche de l’avoir trompé trois mois avant leur rencontre, et qui justifie ainsi de s’être fait culbuter par son co-équipier,
le même à cause de qui il a failli se faire buter, cela fait trop"
et aussi "Le magasin a compressé son personnel, et j’ai été comprimée. "

et enfin "J’aime beaucoup mon frère, même s’il a toujours dit que pour Noël, avoir un chien lui avait fait plus plaisir qu’avoir une petite sœur."

la dernière phrase peut être parce qu'un jour ma fille m'a demandé un chien (elle avait 5 ans) et je lui avais répondu : pourquoi un chien tu a déjà un petit frère (il avait 6 mois à l'époque
:-)
Oui je sais je suis une mère indigne ;-)

Nunzi 14/08/2012 14:01



Merci Valentyne. Il y a beaucoup de travail derrière les phrases que tu cites. Je m'inspiredu cinéma français pas drôle, d'Anita Blake tueuse de vampire, d'une interview d'une présentatrice de
M6, etc, etc. J'ai bien dit "inspiration" pas citation, je développe après. Puis, le jeu de mots sur buter et culbuter est de Sharon, elle ne me reprochera pas de lui avoir emprunté puis de
l'avoir largement développé.


Difficile à dire pour moi ; Sharon n'a pas d'enfants, et mon fils restera fils unique (bon, il a des grands frère et soeurs d'autres portées). Je reviendrai dans la prochaine partie sur le chien
en cadeau de Noël.


Merci de ta visite !


 



Catherine 12/08/2012 20:34

Mais c'est génial, Nunzi ! Les Plumes te manquaient et tu voulais quand même écrire, avoue ! Cette interview est super, j'adore, et j'ai hâte de lire la suite de l'histoire. Bonne semaine.

Nunzi 12/08/2012 23:00



Merci Catherine ! Oui, c'est exactement cela, je suis démasquée !! 


Bonne semaine à toi aussi !



Syl. 12/08/2012 18:46

On se croirait dans un film ! avec des petits interludes...
Bravo Nunzi

Nunzi 12/08/2012 19:17



Merci Syl ! Et encore, je n'ai pas tout dit, mais un fait, au moins, peut se lire entre les lignes.


 



Asphodèle 12/08/2012 17:47

Bon Nunzi tu es décidément très forte !!! Je retourne au début, j'imprime tout pour relire et bien suivre (oui je vieillis que veux-tu !!!). Si je vois une seule faute, je te corrige, hi hi !!!
C'est passionnant (je ne rigole pas)...

Nunzi 12/08/2012 19:19



Merci ! J'avoue : je me suis à peine relue avant la publication. J'ai toujours le préquel en rade (plus de 2000 mots à ce jour). Pas de soucis : je pense qu'il doit y en avoir. Berthier appelle
sa soeur Liette, plutôt que Juliette.