Les plumes de l'été - V

Publié le par Nunzi

PlumeBonjour à tous !

Voici ma quatrième tentative pour venir à bout des plumes en V.

J'espère que celle-ci sera la bonne !

 

-          Vous voulez parler ? dit Imogène. Parlons ! Je pense que ni mon ex ni le vôtre n’ont quoi que ce soit à voir avec cet incendie, même si vous avez réussi à obtenir le divorce à ses torts exclusifs. Ce sont les vicissitudes de l’existence. Non, j’ai une piste, plus sérieuse.

-          Serait-ce lié aux empreintes de pas que j’ai relevées autour des vasques, près du grand salon ? Quelle est votre pointure, ma chère ?

Je comprenais mieux maintenant la présence de cette petite valise à mes pieds. Avant d’être divisionnaire, Hectoria avait été la procédurière de son groupe.

-          35. » A sa grimace, H. nous fit comprendre que ce n’est pas ce qu’elle attendait. Nous dûmes énumérer tour à tour notre pointure, et même réveiller Annunziata, qui s’était voluptueusement réfugiée au pays des songes vagabonds.

-          38, pourquoi ?

P170812_10.30_-01-.jpgH. était sur le point de crier victoire. Elle se contenta de lui demander ses chaussures.

- Cela va être difficile. Je n’ai que la paire que j’ai aux pieds. Sinon, j’ai une paire de bottines, et des chaussons. Je ne les ai pas mis parce que pour courir, ce n’est pas pratique. » La suite se perdit dans des grommèlements indistincts.

- Donnez-moi une des deux.

- Eh, je ne suis pas Cendrillon, même si une partie du château est en cendre. Et vous n’êtes pas ma princesse charmante ! dit-elle en tendant sa chaussure droite.

- A bout pointue ? Mais ce n’est pas à la mode !

-          Ecoutez ma cocotte (elle est suicidaire !), je me fous éperdument de la mode. Je porte ce qui me plait, surtout parce que j’ai des pieds larges, et tout ce qui peut les allonger me ravit. J’ajoute que c’est bien pratique pour botter le train des enquiquineurs. Enfin, pour que vous ne me cassiez plus mes pieds avec vos hypothèses à la vinaigrette d’estragon, je ne suis même pas capable de me servir d’un briquet, je gâche dix allumettes avant de parvenir à en allumer une. J’adore les vieilles bâtisses, j’aime la verdure et je ne vois pas pourquoi j’aurai envie de perdre mon tout nouveau travail. De plus, je suis de très très mauvaise humeur quand je suis réveillée en sursaut alors que je n’ai pas eu mes six heures de sommeil. (Suivent de nombreux gros mots. Moralité : l’absence de sommeil rend Annunziata volubile). Enfin, je crois qu’il va falloir que vous appeliez un véto : votre chienne est en train de mettre bas.

 

P170812_10.30_-01-.jpgJ’aurai quand même bien aimé qu’elle nous demande notre avis avant de démarrer en trombe, en hurlant à son frère de « tenir la patte d’Utopie ».  Nous volâmes plutôt que nous roulâmes. Dix minutes plus tard, H. ouvrait la porte de sa maison, envoyait tout valser dans le vestibule tandis que moi et François portions cette pauvre Utopie jusqu’au vaste panier qui avait été prévu pour sa mise bas. Je laissais le frère et la sœur qui « n’avaient pas besoin de nous, mais de tranquilité. » et retrouvais Imogène, en pleine conversation téléphonique. Annunziata s’était enveloppée dans le manteau de la chasseuse de vampires. Imogène raccrocha.

-          Je comprends qu’Hectoria ait paniqué, mais ma voiture et la vôtre sont tout de même restées au château.

Imogène m’expliqua qu’Hectoria tenait absolument à perpétuer l’élevage de Vallombreuses, crée par sa mère, même si les mises bas la mettaient dans un état de nerf impossible. Tout cela à cause de Vacance (sans –s) de Vallombreuse, morte en mettant bas voici plus que quinze ans.

 

-                 J’habite à deux pas d’ici. Si vous voulez, je peux vous héberger pour la nuit.

-                 Si vous en profitiez pour nous expliquer votre théorie.

-                 Elle ne vous plaira pas. Si nous attendions le petit déjeuner ?

 

Nous tranchâmes : nous attendîmes d’être chez elle. J’aurai bien aimé que Perry et Furie s’en aillent, et bien non, ils s’incrustèrent. Soit. Par contre, je trouvais très anormal qu’Annunziata Degrande fasse tout comme si elle était chez elle.

-          Autant vous le dire maintenant, Annunziata et moi, nous sommes amies depuis notre enfance. C’est moi qui ai recommandé Fidélio, puis sa sœur à François de Magny.

-          Je me sers une verveine, j’en ai besoin, dit Annunziata.

-                 Verveine bio, vous en voulez ? Je le cultive moi-même. Par contre, j’ai besoin de quelque chose de plus fort. Je ne pousserai pas le vice jusqu’à goûter notre production vernaculaire (vous connaissez sans doute notre boisson locale), mais un café serré, pour me remettre de ma fatigue est nécessaire.

-                 J’acceptais cette offre, du moment qu’on en vint enfin à sa théorie – tout en me disant qu’il faudrait que j’enquête de manière véloce sur la famille Degrande, et trouve tous les liens qui les unissaient au d’Arcy, même s’ils étaient aussi larges qu’un viaduc.

-          Je soupçonne fortement Emilie de Varèse.

Elle me dressa son portrait de manière véloce. Emilie était la fiancée de Loïc, le second clerc de François de Magny. Elle aussi  était une chasseuse de fantômes, elle aussi avait des apparitions, mais, contrairement à nous, elle ne s’en accommodait pas.

-          Parce que vous aussi ? s’exclama mademoiselle Degrande. Je vous rassure, je ne vois rien pour ma part. Je sais cependant qu’Imogène voit certaines personnes.

-          Et Emilie, c’est pire. La moindre apparition, que dis-je, la moindre vibration la met en transe. Elle prétend que je suis une canalisatrice de fantômes et qu’avant moi, il n’y en avait pas au cabinet.

-          Mais il y en avait ailleurs.

-          Oui. Je suis devenue son déversoir, la personne à qui elle se confie.

-          Son calmant sur jambes, précisa Annunziata.

Imogène marqua une pause, hésitante.

-          C’est vraiment énorme, je vous préviens.

Je la rassurais. Au point où on en était.

-          Emilie pense que la belle-mère d’Hectoria et François est devenue une vampire. Comme la seule façon efficace, pour elle, de se débarrasser d’un vampire est de le brûler…

-          Les vampires n’existent pas, coupai-je.

-          Les fantômes non plus, intervint miss Degrande. Au fait, appelez-moi Nunzi, c’est plus simple.

james-darcy2

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Violette dame mauve 22/08/2012 08:42

Le texte en V réussi, celui de cette semaine le sera aussi.
Bonne journée et merci de ta visite sur mon blog
Amicalement
Violette

Nunzi 22/08/2012 21:15



Merci Violette !



Valentyne 21/08/2012 13:44

coucou Nunzi
j'adore la tirade avec les pieds larges pour "botter le train"
bonne journée

Nunzi 21/08/2012 13:48



Coucou Valentyne


Tu ne le répètes pas surtout, mais je me suis fortement inspirée de Sharon (elle aussi a des pieds larges et ne porte que des chaussures "de sorcières" dixit une de ses copines pour les faire
paraitre plus longs.


Bonne journée à toi aussi !



Bettina 20/08/2012 19:26

Ben toi aussi tu as donné dans le chien chien à ce que je vois! Bravo Nunzi! :-)

Nunzi 20/08/2012 21:28



Merci Bettina : il faut dire que j'en ai une pas très loin de moi, sourde en plus.



Oncle Dan 20/08/2012 09:43

Beaucoup de style. Cela me fait penser à Agatha Christie.

Nunzi 20/08/2012 21:28



Merci Oncle Dan. Tu me ferais rougir si je le pouvais (pour un chat, c'est difficile).



Soene 19/08/2012 20:46

Nunzi, je découvre ton talent semaine après semaine. Je comprends que ce long texte ait été difficile à taper, de plus Sharon était sur un autre coup :lol:
Je vais demander des tuyaux à Miss Aspho sur tes références de lecture !
Caresses d'O.

Nunzi 20/08/2012 21:29



Et oui : de plus Sharon compte développer son histoire, mais cette semaine, c'est moi qui ai la priorité (enfin, dès que j'aurai une idée).


Merci !